Paroisse St Vincent De Paul - 96 Boulevard Jean Jaurès, 92110 Clichy
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Jean SIBELIUS (1865-1957)
Jean Sibelius naît à Hämeenlinna (Finlande) en 1865. À l’âge de 5 ans, il prend ses premières leçons de piano et reçoit un violon pour son dixième anniversaire. Il compose alors sa première œuvre, Gouttes d’eau. En 1885, il termine ses études et s’installe à Helsinki. Il se consacre à la composition sous la direction de Martin Wegelius. En 1889, Sibelius quitte la Finlande pour poursuivre ses études à Berlin puis à Vienne. Il prend conscience du potentiel du poème épique finlandais, le Kalevala, comme source d’inspiration. Il compose en 1892 une pièce pour solistes, chœur d’hommes et orchestre. Sibelius produit alors des œuvres qui font de lui le défenseur musical de la cause nationaliste finlandaise : En saga, Karelia, Skogsrået, les poèmes symphoniques les Lemminkäinen, (dont Le Cygne de Tuonela) et Finlandia.
En Saga (1892, révision en 1901)
Arrangement : Fabrice Caracciolo
En Saga Op. 9, composé entre 1891 et 1892, est un poème symphonique en un seul mouvement. Sibelius a longtemps refusé d’associer une source littéraire ou un programme précis à cette œuvre, bien que son caractère évocateur ait inspiré de nombreuses interprétations : paysages fantastiques, chasse, récit épique, ou encore l’essence du peuple finlandais. Plus tard, il a évoqué une inspiration tirée des Eddas islandaises plutôt que du Kalevala, l’épopée nationale finlandaise. Dans les années 1940, il a décrit l’œuvre comme l’expression d’un état d’esprit personnel, teinté d’une dimension autobiographique douloureuse, rejetant toute interprétation littéraire.
En Saga marque le début des poèmes symphoniques de Sibelius et est considéré comme une œuvre charnière dans sa production. La musique, souvent qualifiée de primitive et puissante, se distingue par son originalité et son absence de narration explicite. Sibelius a révisé la partition en 1901, la raccourcissant et la modifiant radicalement après des années de représentations. L’œuvre est souvent perçue comme une aventure dans un paysage intérieur, reflétant la jeunesse du compositeur.
Dès sa création, le poème symphonique En Saga a été salué pour sa force et son originalité, contribuant à la reconnaissance internationale de Sibelius. L’œuvre reste un pilier du répertoire orchestral et continue d’inspirer des interprétations variées, tant musicales que visuelles.
Anton DVORAK (1841 – 1904)
Anton Dvořák est né en 1841 sur les bords de la Vltava, à Nelahozeves, un village tchèque au nord de Prague. Il débute le violon avec l’instituteur de son village et rejoint rapidement l’orchestre municipal. À l’automne 1857, il intègre l’école d’orgue de Prague où il obtient aisément son diplôme. Il devient altiste dans l’orchestre qui assure les représentations d’opéras du Théâtre provisoire. Il y rencontre un compositeur de dix-sept ans son aîné, qui joue un rôle primordial dans le monde musical et politique tchèque, Bedřich Smetana (1824-1884).
Dvořák s’essaie à la composition. À travers ses premières œuvres, le jeune compositeur construit son style, influencé par des courants divers : le romantisme allemand, l’esthétique nouvelle incarnée par la musique de Liszt et de Wagner, le langage de la tradition tchèque et le gigantisme de Smetana. Peu à peu apparaît la sonorité unique de la musique de Dvořák. Enfin, en 1873, il obtient la reconnaissance du milieu musical de Prague avec la création de sa cantate patriotique, Hymnus.
Il devient organiste à l’église Saint-Adalbert de Pragu, et se consacre encore davantage à la composition. Cette même année, il épouse la jeune chanteuse Anna Čermáková. En 1874, son opéra Les Têtes dures lui apporte un premier grand succès public et en 1875, Dvořák présente sa Symphonie n° 3 à un concours. Il obtient ainsi une bourse d’État et acquiert la reconnaissance d’un jury constitué des grandes figures du monde musical de Vienne, dont le compositeur Johannes Brahms.
En 1878, il lui envoie Treize Chants moraves que le compositeur allemand confie à son éditeur. La publication de ces chants étend la notoriété de Dvořák à travers toute l’Europe et marque le début d’une série d’œuvres imprégnées des rythmes et de l’esprit slaves. Mais ces années correspondent aussi à une période douloureuse pour le couple Dvořák. Trois de leurs jeunes enfants décèdent. Dvořák achève justement en 1877 un Stabat Mater, oratorio qui devient un lieu d’expression de son propre vécu. Cette œuvre composée dans un contexte tragique est couronnée d’un succès international. La réputation du compositeur s’étend progressivement jusqu’en Angleterre, pays où il effectue plusieurs tournées dès 1884, et en Amérique. Il est nommé en 1892 directeur du Conservatoire national de New York.
Dvořák est un compositeur fécond qui a su intégrer son identité slave à l’héritage musical du romantisme allemand. Sa musique est riche des couleurs de sa terre natale, traversée des rythmes pointés et syncopés des danses de Bohême et de Moravie. Par ses mélodies naturelles, ses atmosphères et ses harmonies, elle évoque la nature, la culture tchèque et slave. L’âme de sa nation et de son peuple semble inhérente au langage de Dvořák.
Après deux années passées en Amérique, il revient à Prague et reprend son travail de composition ainsi que son poste d’enseignant au Conservatoire. Il signe son dernier grand chef-d’œuvre avec l’opéra Rusalka (1900) avant d’être gagné par la maladie. Il peut assister au grand hommage qui lui est rendu lors du premier Festival de musique tchèque de Prague en 1904 avant de succomber, le 1er mai, à une congestion cérébrale. Il est enterré auprès de Smetana sur les bords de la Moldau.
Les Symphonies de Dvořák
Avec neuf partitions, Antonín Dvořák fait partie des compositeurs de symphonies les plus prolifiques du XIXème siècle. Il est surtout le premier compositeur tchèque à s’imposer dans ce domaine. Mais cette reconnaissance ne commence qu’en 1880, avec sa sixième Symphonie, la première à être publiée. Dès 1865, la première Symphonie, longtemps cru perdue, a cependant dessiné les tendances que perpétueront les œuvres suivantes : l’absence de programme extra-musical, que le sous-titre de cette première symphonie, « Les Cloches de Zlonice », pourrait laisser supposer, un respect de la coupe en quatre mouvements, excepté dans la troisième Symphonie, dépourvue de scherzo et, au sein des mouvements, des grandes lignes des structures formelles traditionnelles. Autre point déterminant : l’influence de Beethoven, Schubert et Brahms, qui reste perceptible jusqu’à la fin, même si elle s’estompe à partir de la Symphonie n° 4 (1874). Dans la seconde moitié de sa production, Dvořák impose sa signature dans la plastique des idées thématiques souvent abondantes, la façon dont il les exploite et dans l’atmosphère générale. La campagne autour de Vysoká, où il vit une grande partie de l’année à partir de 1878, contribue à la teinte bucolique de certains mouvements, en particulier dans les cinquième et huitième Symphonies, tandis que l’affirmation d’une conscience nationale motive des accents populaires : le Furiant qui sert de scherzo à la sixième Symphonie en est l’expression la plus manifeste. Devenu directeur du Conservatoire de New York, Dvořák compose sa neuvième Symphonie « Du Nouveau Monde » (1893) où des références à des musiques afro-américaines et amérindiennes se mêlent aux traditions de l’Europe centrale : « C’est une musique tchèque où parle le pays natal, mais sans mon expérience américaine, je n’aurais jamais pu la créer. »
Symphonie n° 8 Op. 88 (1889)
1- Allegro con brio
2- Adagio
3- Allegretto grazioso
4- Allegro ma non troppo
La Symphonie no 8 en sol majeur, est composée entre septembre et novembre 1889 puis créée le 2 février 1890 à Prague.
Proche des inspirations populaires, elle témoigne pour l’essentiel d’une atmosphère allégée et apaisante, celle-là même dont Dvořák jouit au village de Vysoka où la symphonie est composée. Si elle réunit des éléments disparates et à première vue incompatibles, elle réussit le tour de force de rester équilibrée.
1- Allegro con brio
Les sentiments de joie, d’exaltation, de paix spirituelle, avec quelques moments de tension, plus épique que tragique, dominent tout le premier mouvement.
2- Adagio
Le second mouvement est une page d’un romantisme narratif teintée d’une ferveur quasi religieuse, avec un thème proche d’un choral. La soudaine irruption du dramatisme est la réapparition du thème du choral transformé en plaintes douloureuses. Mais c’est à nouveau le mouvement dansant qui revient à la fin. À noter également l’intervention d’un violon solo vers le milieu de ce morceau. Néanmoins, dans cette symphonie, il n’intervient que très brièvement, contrairement à d’autres symphonies, comme la Première de Brahms, où il occupe toute la seconde moitié du deuxième mouvement.
3- Allegretto grazioso
Le troisième mouvement est un scherzo où se détache une mélodie populaire, simple et légère, qui sera reprise avec un rythme différent et une énergie dansante intensifiée.
4- Allegro ma non troppo
Un signal de trompette ouvre le finale avant que les violoncelles exposent une mélodie chaude et vibrante, développée en deux groupes de variations séparés par un épisode central : le premier groupe culmine sur une vertigineuse bacchanale ; l’épisode central se voit rythmé comme une marche ; le second groupe, plus mélodique, met en valeur des timbres isolés. Ainsi, l’ensemble du quatrième mouvement est marqué d’un esprit rhapsodique, dont l’optimisme et la vitalité trouvent leur confirmation finale dans le retour de la bacchanale.