Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Mozart est, comme sa sœur, un enfant prodige de la musique. Son père Leopold exhibe les talents musicaux de ses enfants à travers l’Europe. Ces voyages permettent à Mozart de découvrir de nombreux musiciens, dont le fils de Johann Sebastian Bach. Il écrit son premier opéra à 11 ans. Sa célébrité grandissante lui permet de gagner sa vie en écrivant de la musique et travaille par exemple pour l’archevêque Colloredo ; il le quitte en 1781, ne se sentant pas assez libre. Peu après, il se marie avec Constance Weber et devient professeur de musique particulier auprès de familles riches. Il passe des années difficiles avec la mort de son père, la maladie et les dettes. En 1791, il compose deux chefs-d’œuvre : la Flûte enchantée et le Requiem. Il meurt à Vienne, en Autriche, à seulement 35 ans, laissant plus de 600 œuvres à la postérité.
Don Giovanni, ouverture (1787)
Composé par Mozart sur un livret de Da Ponte et créé à Prague en 1787, Don Giovanni est à la fois un chef-d’œuvre de la musique et un monument de la pensée humaine. Le rôle de l’orchestre, l’invention mélodique et la relation étroite entre la musique et le drame en font déjà un opéra hors pair ; le destin de son héros s’apparente au mythe, celui de la résistance de l’individu face à la société. En ce sens, Don Giovanni est déjà un héros romantique par sa rébellion.
Dans cette ouverture contrastée s’opposent les mouvements Andante et Molto allegro, ainsi que les tonalités majeures et mineures.
Des accords de ré mineur, sombres, oppressants, le rythme lancinant des interventions du quatuor, les notes tenues des vents, les roulements de timbales et les syncopes des premiers violons suffisent au compositeur pour aller bien au-delà d’une situation dramatique. Des gammes chromatiques, qui vont crescendo ou piano, selon qu’elles montent ou descendent, portent la tension à son maximum jusqu’à ce que, sans transition, éclate le molto allegro en ré majeur dans lequel on reconnaît trois sujets, passant de la tonalité de ré à celle de la, et traversant diverses modulations.
Bien que toute la première partie de l’ouverture renvoie à la scène de l’arrivée du Commandeur, au deuxième acte, l’essentiel de cette page n’est pas la présentation de deux personnages, mais la mise en présence des deux puissances qui vont s’affronter à travers eux, la Mort et la force vitale qui anime le héros.
Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Enfant prodige, Saint-Saëns compose de nombreuses pièces et acquiert rapidement une renommée significative. En 1871, il crée la Société Nationale de Musique, qui a pour dessein de promouvoir les compositeurs français contemporains. Il prend position en faveur du poème symphonique, genre nouveau notamment représenté par Franz Liszt. Maître de l’orchestration, Saint-Saëns laisse un opus considérable en musique de chambre, mélodies et formes chorales. En 1877, son opéra Samson et Dalila remporte un succès immense. Saint-Saëns est l’un des plus grands pianistes de son époque et à l’instar de Beethoven, un grand maître de l’improvisation. Il obtient plusieurs récompenses pour l’ensemble de son œuvre, participe à des projets de musique de scène, et écrit la première musique de film (pour L’Assassinat du duc de Guise).
Symphonie n° 2 Op. 55 (1859)
Saint-Saëns compose cette symphonie à l’âge de vingt-quatre ans. L’influence de Beethoven est présente.
1- Adagio marcato – Allegro passionato Ce premier mouvement commence par une mystérieuse introduction Adagio marcato. Puis le thème vigoureux de l’Allegro passionato apparaît ; il sera répété avec différentes nuances. Le second thème, remarquablement mélodique, tranche avec le premier qui sera repris à la fin du mouvement avec une très grande virtuosité.
2- Adagio Le premier thème léger, aérien, au charme suranné, est suivi d’une seconde idée mélancolique, grâce à l’intervention du cor anglais. Ce mouvement se conclut par la reprise du thème initial, passage qui figurera comme autocitation dans le dernier mouvement.
3- Scherzo – Presto Le Scherzo commence très vigoureusement par un thème fougueux, suivi d’une deuxième idée aux accents démoniaques, rappelant la Marche au supplice de la Symphonie fantastique de Berlioz. Suit rapidement un trio contrastant : l’ambiance est légère, sautillante, insouciante.
4- Prestissimo Le final est construit sous la forme d’un mouvement perpétuel staccato, très enjoué. Cependant, après quelques mesures, Saint-Saëns reprend le thème du mouvement précédent, mêlant ainsi le troisième et le quatrième mouvement, comme le fit Beethoven dans sa cinquième symphonie. Nous constatons que ce mouvement est le plus développé de la Symphonie.
Félix MENDELSSOHN (1809 – 1847)
Felix Mendelssohn, né à Hambourg, grandit à Berlin. Il pratique le piano, l’orgue, le violon, le chant et étudie la composition avec Carl Friedrich Zelter (1758-1832) qui le présente au célèbre écrivain Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832). À 20 ans, il impose son talent en tant que chef d’orchestre, ressuscitant brillamment un compositeur presque oublié du grand public : Johann Sebastian Bach. Il complète son éducation en parcourant l’Europe : Angleterre, Écosse, Italie, France. Il revient enrichi de ses séjours et de ses multiples rencontres. Il choisit de rester en Allemagne mais garde une affection particulière pour l’Angleterre, où il retournera dix fois par la suite pour de nombreux concerts. Il n’a de cesse de travailler, d’une part à la composition, de l’autre à la valorisation du répertoire de la musique allemande. Il se partage entre Leipzig où il dirige le prestigieux orchestre Gewandhaus et Berlin où le roi Frédérique-Guillaume IV le charge de réorganiser la vie musicale. Portant un vif intérêt à la pédagogie, il crée en 1843 le conservatoire de Leipzig. Très affecté par la mort de sa sœur Fanny en mai 1847, il meurt quelques mois plus tard, le 4 novembre 1847, à seulement 38 ans.
Concerto pour violon et orchestre n° 2 Op. 64 (1844)
Mathilde GARDERET, violon
Dernière composition orchestrale de Mendelssohn, le Concerto pour violon est une œuvre d’une très belle inspiration. Elle est conçue avec une connaissance approfondie de l’instrument auquel elle est destinée, comme en témoigne la correspondance de l’auteur avec le violoniste Ferdinand David qui participa à l’élaboration de la cadence.
1- Allegro molto appassionato Dès la deuxième mesure, le violon solo expose le thème célébrissime, repris ensuite par l’orchestre. Le second motif, plus calme, se développe librement jusqu’à la cadence du violon ; le mouvement s’achève dans une coda brillante.
2- Andante L’Andante est un lied d’une grâce rêveuse où le violon solo déploie toute sa délicatesse.
3- Allegretto non troppo – Allegro molto vivace Le troisième mouvement se présente comme un rondo classique où le soliste dialogue avec l’orchestre en échanges serrés et rapides. Le finale, brillant, virtuose, plein de fantaisie, rappelle le souvenir du Songe d’une nuit d’été.