samedi 17 mars 2018 - 20:30

Église Saint Justin - Place d'Estienne d'Orves - 92300 Levallois

dimanche 18 mars 2018 - 17:00

Paroisse St Vincent De Paul - 96 Boulevard Jean Jaurès, 92110 Clichy

PROGRAMME

Emmanuel CHABRIER
Suite Pastorale

Camille SAINT-SAËNS
Morceau de Concert pour Harpe et Orchestre Op.154 – Valentine Cailliau, Harpe

Maurice RAVEL
Le Tombeau de Couperin

Direction : Fabrice Caracciolo

Concert donné dans le cadre de « Clichy a du talent 2018 »

Tarifs: Participation libre
OSC - Concert : Chabrier, Saint-Saens, Ravel

LE CONCERT

Maurice RAVEL (1875-1937)

Homme à la personnalité indépendante et énigmatique, Maurice Ravel laisse une œuvre qui se situe à la charnière entre le XIXe et le XXe siècle. Souvent comparé à Debussy, avec lequel il partage cette utilisation de l’harmonie comme une couleur, avec des dissonances non résolues, il s’en distingue par une écriture pianistique très novatrice et une maîtrise de l’orchestration hors du commun.

Fauré, qui fut son professeur de composition, et un ami cher, qualifie son travail d’une « sincérité désarmante ». Son œuvre peut être qualifiée d’éclectique, au vu des sources variées de ses inspirations : Couperin, Rameau, Saint Saëns. Ravel est aussi fasciné par la musique américaine comme le jazz et le blues, et imprégné de musique hispanique (sa mère est d’origine espagnole).

Maurice Ravel laisse une grande majorité de chefs d’œuvre mondialement reconnus qui font de lui l’un des plus grands compositeurs français du XXème siècle.

Le Tombeau de Couperin (1919)

Le Tombeau de Couperin n’est pas une composition funèbre, mais plutôt une composition poétique ou musicale. Ravel s’inspire ici de l’esprit des suites de danses que des compositeurs comme Couperin ou Rameau ont écrites pour le clavecin. Chacune des pièces est dédiée à ses amis tués sur le front durant la guerre. Ravel débute en 1914 l’écriture de six danses pour piano qu’il transcrit pour orchestre en conservant quatre des six danses. Il choisit un orchestre réduit : il s’agit

d’un hommage aux petits ensembles d’instrumentistes du Siècle des Lumières.
Le Prélude, souple et rapide, présente une sorte de flux ininterrompu joué en alternance par le hautbois et les clarinettes, soutenu par les pizzicatos des cordes. Les cordes reprennent avec l’archet le motif joué par les bois, dialoguant avec eux. La Forlane présente un thème bien caractéristique, joué par les premiers violons accompagnés par le reste des cordes, le cor anglais, les bassons et les cors. Le thème est ensuite repris par le hautbois, accompagné par les pizzicatos des cordes, puis par la flûte et la clarinette.
Dans le Menuet, le hautbois énonce le thème, repris ensuite par la flûte. La partie centrale fait disparaître ce thème, qui réapparaît à la fin du morceau.
Le Rigaudon débute par un premier motif, joué fortissimo par tout l’orchestre. Puis les clarinettes doublées par les premiers violons jouent une guirlande rapide de doubles croches. La même alternance caractéristique entre les accords joués fortissimo et le flot volubile qui en découle, structure l’ensemble de la danse. Un court passage, indiqué « moins vif » permet d’introduire un second moment de caractère différent, avant la reprise du tout premier motif, qui finira par conclure l’œuvre avec panache.

Emmanuel CHABRIER (1841-1894)

Emmanuel Chabrier apprend très tôt le piano et le violon. Le jeune homme continue en parallèle des études de droit et la musique.
Licencié en droit, il commence une carrière de fonctionnaire au ministère de l’Intérieur à Paris. Aimant la vie artistique parisienne, il se lie avec des poètes, Paul Verlaine entre autres, des peintres, Auguste Renoir, Claude Monet, Édouard Manet et des musiciens : César Franck, Henri Duparc, Ernest Chausson, Vincent d’Indy, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns. Il devient rapidement indispensable dans les salons parisiens grâce à son formidable jeu pianistique.

Il choisit à 40 ans de se consacrer entièrement à la musique, essentiellement au théâtre lyrique car il est un grand admirateur de Wagner ; il compose aussi des œuvres pour le piano qui font de lui l’égal des plus grands. Son sens de l’harmonie, du rythme, des couleurs servent à merveille ses talents d’orchestrateur.

Chabrier demeure l’un des musiciens les plus personnels de sa génération.

Suite Pastorale (1888)
I. Idylle
II. Danse villageoise III. Sous bois
IV. Scherzo-valse

Chabrier choisit quatre pièces de ses Dix Pièces Pittoresques pour piano composées en 1881 pour en faire une version orchestrée. Il en résulte un chef d’œuvre de grâce poétique et de légèreté, de vivacité et de truculence, de raffinement et de variété. Rarement la maîtrise de l’orchestrateur n’a éclaté avec une telle plénitude.

La première audition a lieu en 1888 sous la conduite du compositeur.
La première pièce, Idylle, dont le thème est murmuré par la flûte sur un accompagnement pizzicato, se pare d’une fluidité et d’une transparence remarquables.
La Danse villageoise tire habilement partie des contrastes entre les tonalités mineures et majeures ; sa carrure rythmique très marquée est comme un écho du terroir auvergnat cher à l’auteur.
Sous-bois jouit d’un grand pouvoir suggestif grâce à la délicatesse de l’instrumentation.
Enfin, l’allégresse rustique du Scherzo-Valse, nuancée un instant par la tendresse discrète de son trio, conclut dans le tourbillon de la fête cette magistrale réussite.

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)

Enfant prodige, Saint-Saëns compose de nombreuses pièces et acquiert rapidement une renommée significative. En 1871, il crée la Société Nationale de Musique, qui a pour dessein de promouvoir les compositeurs français contemporains. Il prend position en faveur dupoème symphonique, genre nouveau notamment représenté par Franz Liszt. Maître de l’orchestration, Saint- Saëns laisse un opus considérable en musique de chambre, mélodies et formes chorales. En 1877, son opéra Samson et Dalila remporte un succès immense. Saint-Saëns obtient plusieurs récompenses pour l’ensemble de son œuvre, participe à des projets de musique de scène, et écrit la première musique de film (pour L’Assassinat du duc de Guise ).

Morceau de Concert pour Harpe et Orchestre, op. 154

Valentine CAILLIAU, harpe
membre de l’Orchestre Symphonique de Clichy depuis 2014

Saint-Saëns conçoit cette œuvre comme une « rapsodie », pièce improvisée par les « rapsodes », bardes itinérants de l’antiquité grecque, à l’instar d’Orphée avec sa lyre. Ce Morceau de Concert au caractère libre, conçu comme une grande improvisation, met la harpe à l’honneur, lui permettant d’explorer toutes les possibilités techniques de l’instrument.

Cependant, Saint-Saëns prône « de la forme avant toute chose » : on peut donc imaginer que le compositeur a tout de même suivi le schéma classique de la symphonie.
L’Allegro non tanto initial présente un premier thème en Sol majeur, énergique et volontaire, suivi par l’Allegretto moderato qui développe une longue phrase en La mineur, mélodique et légère : la Grèce antique y est évoquée par l’utilisation du mode éolien, utilisé à cette époque.

Trois sonneries soudaines de cors annoncent le mouvement central Andante sostenuto : c’est la partie la plus méditative et mystérieuse de l’œuvre, une mélopée délicate en Mi majeur, comme un second mouvement de symphonie.
Un roulement de timbales pianissimo mène au Molto allegro quasi presto, évoquant le scherzo virtuose d’une symphonie de Beethoven.

Vient alors un grand crescendo qui conduit à la reprise du thème initial, assurant l’unité de l’œuvre après ce voyage poétique librement construit.
Le final Molto allegro conclut l’œuvre dans la virtuosité, avec des envolées lyriques de la harpe et des contrastes dynamiques saisissants.

Fabrice Caracciolo

LA DISTRIBUTION

Valentine CAILLIAU

Harpe

Valentine Cailliau commence la harpe à 10 ans avec Bertille Fournier, élève de Lily Laskine, puis avec Annie Challan au conservatoire National de région de Versailles où elle obtient le 1er prix et prix d’honneur de harpe et de solfège
Harpiste amateur, elle joue régulièrement en trio flûte, violoncelle et harpe. Elle est appelée pour accompagner la chorale La Villanelle à Bois Colombes. Depuis 2001, elle fait partie de l’orchestre symphonique de l’AP-HP et a rejoint celui de Clichy en 2014.

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